La motricité libre à la maison ?

Quand on travaille en crèche et qu'on devient maman, on se demande ce qu'on va pouvoir appliquer à la maison. Par ici, on a choisi de favoriser la motricité libre...sans toutefois devenir rigide sur le principe.


Le concept de Motricité Libre repose sur l'idée que le petit être humain est programmé génétiquement pour acquérir la marche en passant par des étapes successives connues et à son propre rythme. La pédiatre Emmi Pikler a mis en avant ce concept dans les années 60.


Le cadre est important: l'espace est sécurisé, les objets mis à disposition sont adaptés au développement de l'enfant et l'adulte est attentif mais pas interventionniste.


En théorie, tout ce qui entrave la liberté de mouvement est à bannir: OUT le transat (bébé coincé sur le dos ou en position assise), OUT le parc (bébé qui ne peut pas partir à la découverte du monde).


La logique nous dit aussi de prévoir des vêtements pas trop serrés ni trop amples (coucou le jean slim et la Robe à voilettes par offerts par Mamie Jeannette).


On ne met pas un enfant dans une position qu'il n'a pas encore trouvé tout seul (on ne l'assoit pas calé avec des coussins, on ne le fait pas marcher en le tenant par les bras, on ne le pose pas sur un camion trotteur s’il ne peut pas monter dessus,...). On ne l'aide pas non plus à démarrer ni à finir ses mouvements.

En pratique, on installe donc bibou sur un tapis assez ferme, sur le dos, les pieds nus de préférence pour faciliter les appuis et le ressenti des sensations. On dispose des objets autour de lui (sans en mettre trop) pour le stimuler. ET C'EST TOUT!


L'envie d'observer, d'atteindre, d'être actif du bibou est censé faire le reste.



Mais dans la vraie vie, les maisons ne sont pas des crèches et les parents ne sont pas des professionnels. Donc on fait ce qu'on peut et on s'adapte au petit qu'on a...


Et si on ne respecte pas tous les principes de la motricité libre, c'est OK !


On essaie de faire au mieux et on n'essaie pas d'appliquer tout ce qu'on a vu dans un livre comme une doctrine (et des livres prônant telle ou telle théorie comme étant la meilleure, il y en a un paquet en ce moment, tout comme les professionnels qui se contredisent souvent).


Et chez nous, comment on a fait ?

Nous avons alterné entre le sol (avec ou sans tapis d'éveil), le transat/chaise haute, le canapé près de nous (allongé puis assis) et du portage.

Et le tout en chaussettes parfois, parceque les pieds nus, c’est génial mais pas adapté à tous les sols (coucou le carrelage! ).


Nous avons aussi eu un parc pliant pour les moments où on ne pouvait pas être

disponible au sol ( à 9 mois il rampait partout à une vitesse folle, en quête de prises électriques ou des moustaches du chien... ).

Et on estime que notre Bibou n'a pas été "entravé" (sa motricité à 4 ans en témoigne), d'autant qu'il savait très bien nous communiquer lorsqu'il appréciait une position ou pas.



Ceci a été NOTRE façon de favoriser la motricité libre mais elle ne sera pas forcément la vôtre.


Au risque d'en agacer quelques-uns, je voulais finir cet article par de la prévention (parceque c'est un peu mon travail quand-même).


OUI les enfants n'ont pas tous le même rythme et l’adulte doit être patient, laisser faire, et encourager sans trop intervenir.


MAIS...certains enfants ont besoin qu’on intervienne et qu’on ne respecte pas à la lettre certains principes de la motricité libre.


Certains ont besoin d’être assis avant de pouvoir le faire seul (énorme besoin d’observer des choses ailleurs qu’au sol, reflux plus ou moins douloureux…). Certains ne trouvent pas seuls la solution pour s’asseoir, se mettre debout ou quitter la position assise, et auront besoin qu’on le leur montre. Et cela ne va pas diminuer leur confiance en eux car ils n’y seront pas arrivés seuls…


Contrairement à ce qu'on peut penser, le développement de la motricité n'influence pas seulement la marche, l'équilibre ou le fait de se sentir bien dans son corps. On sait par exemple que l'apprentissage de l'écriture sera fortement influencé par le développement moteur.


Si vous sentez que votre enfant est en difficulté, s'il stagne trop longtemps, si vous trouvez sa motricité peu harmonieuse ou étrange, n'hésitez pas à consulter un professionnel de la petite enfance diplômé.

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